Les dessous de l’Affaire Kadhafi : la fin des droits de l’homme
18 02 2010L’affaire est bien connue : Hannibal Kadhafi arrêté à Genève pour avoir maltraité deux de ses employés. Dès lors, le régime Libyen entreprend de représailles à l’égard de la Suisse et des entreprises suisses : rapatriement de fonds financiers, arrêt des livraisons de pétrole, avions de la compagnie nationale interdits et surtout l’incarcération de deux cadres.
Les gros titres de la presse sur cette affaire se sont répétés depuis deux ans et ont conduit à l’apparition d’une psychose au sein d’une partie de la société. C’était le « cauchemar suisse » par excellence et avec le temps il est devenu tabou. Chez d’autres personnes la répétition continue a banalisé le sujet. Depuis un mois, on en avait fini d’en parler et le gouvernement suisse après de nombreux échecs, bavures et excuses commençait, enfin, a travaillé correctement. Mais qu’ai-je appris ce soir ? La Suisse a attiré les ires de l’Europe…
D’après la comparution des ministres des affaires étrangères français et italien, la Suisse entraverait le commerce européo-libyen. L’Etat suisse en représailles des représailles aurait interdit le séjour de hauts fonctionnaires libyens en Europe à l’aide de l’accord de Schengen. A son tour, la Libye, aurait interdit le séjour en Libye de tous les habitants de l’espace Schengen (l’Union Européenne y compris).
Sans possibilité de séjour, les entrepreneurs français et italiens ne pourraient pas réaliser des affaires et donc les grands contrats bilatéraux seraient menacés. Quel horreur !!… Et les deux domestiques maltraités on en fait quoi ? Et les otages suisses retenus en Libye ?
Voilà la cause de mon amertume… Aujourd’hui les intérêts économiques sont plus importants que les intérêts humains, moraux et la justice. Certain diront : « Que celui qui n’a jamais pêché […] jette la première pierre ! » Il est vrai que la Suisse n’est pas un exemple en moralité. Elle s’est toujours lavée les mains sous prétexte de suivre son principe de neutralité. Dernièrement, elle a favorisée ses relations économiques au détriment des droits de l’homme. Elle est même devenue un paradis fiscal. Ce qui est personnellement fort regrettable.
La Suisse n’est pas au-delà des soupçons, bien au contraire. Mais la France non plus ! Je fais partie de ces quelques Romands qui éprouve de la sympathie pour la France. Il est vrai que le chauvinisme suisse amène parfois des tensions entre les deux nations mais il demeure néanmoins amical. Ce soir j’ai été très déçu. Bien sûr il est légitime que ni la France ni l’Italie ne veuillent aider la Suisse ; cette suisse égoïste. Au contraire, je les félicite. On pourra dire : « Bien fait pour eux, ça leur apprendra !».
Non, ce que je regrette c’est que France et l’Italie auxquels la Suisse a demandé de l’aide à maintes reprises – on parle de la vie d’hommes quand même ! – réagissent que maintenant, quand des intérêts économiques sont en jeu, au point d’accuser la Suisse de « prise en otage » des intérêts européens. La réaction italienne n’est pas étonnante. On sait très bien que la seule chose qui intéresse Berlusconi est l’argent. Mais que la France se rabaisse à se niveau ?!
En ce qui me concerne la France était semblable à Genève et sa Croix Rouge. C’était le dernier bastion des droits de l’homme avec son célèbre secrétariat autrefois dirigé par Mme Yade. Désormais j’ai l’impression que le pays de la déclaration des droits de l’homme a perdu son âme. Bien sûr je fais un procès injuste. De nos jours, tous les pays favorisent leur économie aux détriments d’autres problèmes sinon il n’y aurait aucun produits « Made in China » sur le marché. Mais les ministres des affaires étrangères qui l’ose l’affirmer sans aucun ressentiment à l’instar de M. Kouchner et de plus, de manière si ironique, sont rares.
C’est un problème qui concerne la société occidentale en général. A l’heure actuelle où l’avenir du monde se dessine, où les valeurs sociales et les problèmes environnementaux sont remis en cause, on s’enferme dans le mutisme. On ne dit plus rien, on ne fait plus rien. Les manifestants sont désormais considérés comme des personnes qui entravent l’ordre public. La question n’est pas seulement de savoir si les droits de l’homme doivent être considérés dans l’économie actuelle. Elle plus profonde : est-ce que vous avez un avis ? Voilà la réelle question. J’ai l’impression que les gens ne savent pas quoi répondre, ils laissent faire. Ces affaires sont devenues si courantes qu’elles se sont banalisées et pourtant personne ne dit rien. Est-ce que vous êtes d’accord ou pas ? Sans avis, des dérapages comme celui-ci se produisent et l’on finit par confondre le coupable de l’innocent, etc. Mais le fait de ne pas choisir, de ne pas s’intéresser est déjà un engagement, un choix
Je viens juste de regarder un documentaire-fiction qui a été diffusé sur Arte qui s’appelle « L’Age de la stupidité ». D’après ce film, c’est le nom que nos petits fils vont donner à notre génération. On est serait tellement bête que l’on aurait laissé le monde disparaître, les êtres-vivants ainsi que notre espèce s’éteindre, sans rien faire, sans réagir… A méditer.
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